Premier Symposium des gardiens de musées

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#Planter le décor

#Premier symposium des gardiens de musées

Pour son premier projet de recherche, le Laboratoire Intercommunal Culturel Ornemental & Recherche Nomade, fondé par Mikaël Belmonte, a convié  Paul Souviron, artiste plasticien, Vanessa Morisset, historienne et critique d’art et Vincent Verlé, commissaire d’exposition, à questionner la singularité d’un lieu, en tant qu’espace d’exposition. Cette invitation prend place dans le cadre du post-diplôme du Pavillon Bosio, Ecole Supérieure d’Arts Plastiques de la Ville de Monaco.

Le propos du Laboratoire se caractérise par la recherche de dispositifs qui perturbent les codes intrinsèques à l’art contemporain, tels que ceux qui conditionnent la carrière d’un artiste – c’est-à-dire sa progression dans l’échelle sociale artistique – ou la codification des expositions, dans le cadre d’une recherche collective. Acceptant les invitations qui lui sont faites de la part d’institutions, une fois dans les lieux, il remet en cause leurs pratiques et notamment de celle de l’exposition. Ainsi est né le projet présenté aujourd’hui au Dojo à Nice.

Structure atypique, le Dojo ressemble à un white cube sans en être véritablement un: des expositions y sont régulièrement organisées alors qu’il abrite les bureaux d’une entreprise de communication. En nous projetant de nous installer ici, nous nous sommes d’emblée interrogés sur les interactions qui adviennent entre les aménagements professionnels, les personnes qui y travaillent et l’espace d’exposition tel qu’il doit se présenter pour répondre aux codes du milieu de l’art. Autrement dit, comment les déterminations concrètes et physiques du lieu se superposent-elles à celles de l’espace, en principe plus abstrait, de l’exposition ? Comment s’harmonise le double décor du Dojo et de l’exposition-type, bureaux, ordinateurs, photocopieuse v/s pièces exposées, communiqué de presse, vernissage ? Et les circulations qu’ils impliquent : du bureau à la photocopieuse en passant par la machine à café ou entre les œuvres en suivant les indications de titres sur une feuille de papier ? Notre proposition consiste à les dérégler toutes les deux, en plantant dans un premier temps le décor, #planterledécor.

Dans sa traduction plastique globale, ce projet prend la forme d’une scénographie d’exposition SANS exposition ; ou plutôt : d’une scénographie COMME exposition, se déroulant sous le mode d’une mise en veille… dont le redémarrage est imminent.

L’une des stratégies mise place consiste dans le réemploi d’éléments de cimaise créés pour l’une des expositions phares du Dojo, celle de Mathieu Mercier en 2008. À la manière des artistes de la Renaissance qui s’emparaient de fragments de pièces antiques pour les intégrer à leur propres œuvres, ou même des détournements inspirés des situationnistes, ces cimaises sont peintes ou retaillées en fonction de notre projet, entre citation artistique et récupération prosaïque, appropriation savante et bricolage efficace. Incarnant tout particulièrement l’idée d’un décor qui tient lieu d’exposition, divers éléments construits en partie avec ces cimaises occupent une part importante de l’espace.

Au terme d’une première période de latence, le décor s’active l’espace d’un instant pour accueillir l’organisation d’un événement, le #premiersymposiumdesgardiensdemusées. Focus sur une caractéristique essentielle et peu mise en valeur de l’exposition, la présence constante des gardiens et des surveillants, le symposium permettra à ces professionnels de l’art à part entière de communiquer leurs points de vue, ouvrant sur une nouvelle perception des expositions. Dotés d’une expérience des accrochages et des œuvres différente de celle de l’artiste, du commissaire, du critique, du médiateur ou du public, les gardiens ont en effet une expertise singulière sur nombres d’aspects de la vie des expositions qu’il reste à découvrir. Quels sont les degrés de porosité entre leur métier et l’art ? Sont-ils devenus collectionneurs ?…

Hérité de l’antiquité et bien connu par l’intermédiaire du Banquet de Platon, la forme du symposium est envisagée comme un dispositif propice à la discussion, grâce à sa convivialité, mais surtout comme un contexte favorisant des approches non-officielles. La transmission des souvenirs des gardiens et l’évocation de l’iconographie des expositions qu’ils ont (sur)veillées, à travers leur récit, habiteront notre décor et reverront chacun à l’inventaire de ses propres souvenirs d’expositions, à l’heure où la circulation ininterrompue des multiples visuels se substitue à la mémoire.

Le Pavillon Bosio, Ecole Supérieure d’Arts Plastiques de la Ville de Monaco, a mis en place un post-diplôme ouvert aux jeunes artistes investissant le champ de la scénographie. Dans ce cadre, Mikaël Belmonte été invité à une résidence de création au Dojo, à  Nice, qui débouche sur plusieurs temps d’ouverture et d’activation d’un dispositif. Ce post-diplôme bénéficie du soutien de l’association The Monaco Project for the Arts.

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