En intégrant l’espace du musée, jusqu’où la danse et la performance interrogent-elles notre rapport à l’œuvre et à l’institution ? Quels peuvent être les enjeux politiques et esthétiques des démarches artistiques de La Ribot, de Lili Reynaud-Dewar et de Thomas Hirschhorn, qui, chacun à leur manière, posent la question d’une utopie du musée ? Valérie da Costa et Béatrice Josse viendront nourrir ces réflexions en exposant les partis-pris de leurs projets, dans le cadre d’« Oublier la danse » (Vidéo danse au Centre Pompidou), et du Frac Lorraine.
Mathilde Roman

Colloque organisé par l’École Supérieure d’Arts Plastiques de la Ville de Monaco, en collaboration avec la Compagnie des Ballets de Monaco, dans le cadre du Monaco Dance Forum

Invités : La Ribot, Valérie Da Costa, Lili Reynaud-Dewar, Béatrice Josse et Thomas Hirschhorn. 

Théâtre des Variétés : les 17 et 18 décembre 2014

Programme

Mercredi 17 décembre 2014

09:00 accueil

09:15 introduction par Isabelle Lombardot, directrice du Pavillon bosio, art & scénographie, école supérieure d’arts Plastiques de la ville de Monaco (ESAP).

09:30 Les utopies du musée : pour une mémoire dynamique, par Mathilde Roman, modératrice, enseignante en histoire de l’art à l’ESAP

09:45 La Ribot,
Only Today
Si le plateau et la danse contemporaine sont le point de départ de ses recherches, la ribot mène des expériences chorégraphiques au plus près de la performance, croisant les territoires.
Investissant à la fois l’espace muséal et la scène, la ribot intègre par exemple le musée en étirant la temporalité dans Laughing Hole, qui met en tension le modèle classique de la réception  esthétique. Le focus sur ses installations/expositions ouvrira de nombreuses pistes de réflexion autour de l’idée de  « mémoire dynamique ».

10:45 Valérie da Costa
Exposer la danse
À partir du commissariat de la nouvelle édition de vidéodanse, intitulée Oublier la danse dans le cadre de la 5e édition du nouveau Festival (centre Pompidou, Paris, 2014), cette conférence se propose de réfléchir à la question du format de l’exposition en danse.

11:30 discussion.

14:00 Lili Reynaud-Dewar
TRANSMISSION = VIRUS
Pour une contamination des espaces institutionnels « ce titre reprend celui d’un projet collaboratif réalisé avec des étudiants à l’espace indépendant Forde de genève en 2012, suite au séminaire “enseigner comme une adolescente” mené depuis ma chambre à l’hôtel adriatica. Ce projet établissait un parallèle entre transmission pédagogique et transmission virale, en revenant notamment sur les questions liées aux politiques de prévention du virus du sida et les positions prises par de nombreux artistes et collectifs d’artistes au moment de la crise du sida. l’espace public de l’exposition était le lieu de discussions, de performances et de lectures de textes relevant souvent de l’expérience intime et privée de la sexualité, devenue un enjeu collectif avec l’apparition du sida. »

14:45 Béatrice Josse
Œuvrer avec l’incertitude
Les œuvres invisibles, performatives, protocolaires, souvent conjuguées au féminin, acquises par le Frac lorraine, interrogent notre présence, notre « ici et maintenant ». outils critiques face à l’incompréhension de notre présent, cette collection serait à considérer comme une vanité, un memento mori qui tenterait de rendre visibles les manques, les trous, l’absence, le silence, l’autre… l’incertitude.

15:30 Thomas Hirschhorn
Flamme éternelle
« Je vais en quelques mots ici tenter d’esquisser une idée, une vision, un postulat sur la base de l’expérience de Flamme éternelle au Palais de tokyo en 2014, et je veux partager ici une chose à laquelle j’ai été confronté pendant 52 jours : la nécessité du déploiement de l’espace public dans le musée et dans l’institution publique. l’affirmation de Flamme éternelle est de créer, par la présence, la production, la gratuité et la non-programmation de l’espace public ou des moments d’espace public au sein d’une institution. »

16:30 discussion.
Jeudi 18 décembre 2014

09:00 Pour une approche dynamique de la scénographie, par Renaud Layrac, artiste et enseignant en art et scénographie à l’esap et Mathilde Roman.

09:30 Projets pédagogiques. Modération : Renaud Layrac et Ondine Bréaud-Holland, enseignante en esthétique à l’ESAP.

➸ Exposer la performance : école supérieure d’art de lorraine,
Metz / ESAP
➸ Activer des protocoles : université Paris-sorbonne,
Paris 4 / ESAP
Des étudiants de l’université Paris-sorbonne et de l’ESAP prendront la parole pour rendre compte de leurs propositions dans le cadre de ces projets à caractère expérimental.

10:30 Prolongement des expériences
La galerie mise à l’épreuve : quelques actions décalées

Regards sur les propositions d’étudiants inscrits en post-diplôme à l’ESAP (Mikaël Belmonte, Yannick Cosso, Charlène Dray) et d’anciens étudiants poursuivant des études universitaires (Corentin Buchaudon, Jordan Pallagès), qui jouent sur la présence de l’inerte et du vivant, du récit et de la description, du hasard et de la prédiction, en créant des effets déroutants chez le visiteur / spectateur de la galerie. Par Ondine Bréaud-Holland.
➸ Dé-réifier la collection par Corentin Buchaudon
➸ « Hippo-néguentropie », ordre et désordre dans la galerie par Charlène Dray
➸ Manuel d’explications pour la réalisation de l’exposition d’une vie à 200 mètres de chez vous… (ou l’exode communal des grandes institutions artistiques) par Mikaël Belmonte
➸ Un corps : un espace : une fiction par Yannick Cosso et Jordan Pallagès
Modération : Renaud Layrac et Ondine Bréaud-Holland

Intervenants
La Ribot est chorégraphe, performer et artiste. ses performances, installations et films sont tous inspirés par sa pratique en tant que chorégraphe et danseuse. celle-ci reflète la complexité multiple du sujet et introduit des objets dans l’unité du temps et de l’espace : la rigueur discursive est suivie par un humour surprenant, le délicat et le monstrueux existent côte à côte, l’humour devient soudain menaçant.
La ribot attire l’attention et la narration sur le corps humain, non pas comme un objet de désir, mais comme une forme sculpturale d’expression.

Valérie da Costa est historienne de l’art et critique d’art. elle est maître de conférences hdr en histoire de l’art contemporain (XXe–XXie siècles) à l’université de strasbourg. de 2007 à 2014, elle a été responsable de la rubrique « arts visuels » de la revue Mouvement. Auteur de nombreux livres, textes et articles sur la sculpture moderne, contemporaine et la pluridisciplinarité artistique, ses recherches portent tout autant sur la création des années 1950–1960 que sur ses formes les plus contemporaines. Elle a consacré son dernier livre aux écrits de lucio Fontana (Écrits de Lucio Fontana, les Presses du réel, dijon, 2013). En 2014, elle a été commissaire de l’exposition Oublier la danse (nouveau festival, centre Pompidou, 2014) et est commissaire de la prochaine édition de vidéodanse en mai 2015 (centre Pompidou). Elle travaille actuellement à une monographie sur l’artiste italien Pino Pascali (à paraître aux Presses du réel).

Lili Reynaud-Dewar a étudié la danse classique et le droit public avant de suivre le Master of Fine arts de la glasgow school of arts. Elle développe depuis un travail complexe qui mêle vidéo, sculpture, installation, texte et performance. souvent stylisé, voire ouvertement décoratif, son travail n’en adresse pas moins des questions politiques cruciales. Jouant de cette duplicité, lili reynaud-dewar confronte sa propre histoire à celle de figures transgressives de l’art du XXe siècle, tels la danseuse Joséphine baker, le musicien sun ra, le designer ettore sottsass ou l’écrivain guillaume dustan. Elle est engagée dans de nombreux projets collaboratifs, comme la revue féministe Petunia, fondée en 2009 avec dorothée dupuis et Valérie Chartrain, le projet d’école expérimentale et temporaire Baba (Paris, 2011) et récemment le projet de chaîne de diffusion de performances live sur internet, Performance Proletarians, créé avec Benjamin Valenza en association avec le Magasin de grenoble. depuis 2009, elle enseigne à la haute école d’art de genève où elle mène un séminaire intitulé « enseigner comme une adolescente » depuis sa chambre d’hôtel. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles. Il a également été présenté à la biennale de lyon (2013), la triennale de Paris (2012) et la biennale de Berlin (2008) ainsi qu’au Witte de With de Rotterdam (2014, 2012, 2011), au studio Museum harlem (2013), à la Fondation Generali de Vienne (2012).

Après une double formation en droit et en histoire de l’art (école du louvre et université), Béatrice Josse devient la première directrice du Frac lorraine à Metz en 1993. À l’initiative des travaux d’installation au 49 nord 6 est, elle y programme désormais les expositions et événements thématiques traitant des sujets politico-poétiques (www.fraclorraine.org). Elle développe des projets personnels en rapport avec la performance et le spectacle vivant : A Space for Live Art (Belgique, France, Royaume uni, Slovénie, Finlande, Allemagne, Pologne et Espagne) (www.aspaceforliveart.org ), et est aussi chargée de programmation : tempo festival à rio de Janeiro, biennal de Santiago de Chile, Alternativa à Gdanz. Le croisement des connaissances ainsi qu’un intérêt particulier pour les approches sensibles font de la programmation du Frac Lorraine un véritable espace d’expérimentation. Par l’invitation d’écrivains, musiciens, scientifiques, psychanalystes, philosophes et autres passeurs d’idées, de nombreux thèmes d’actualité sont ainsi traités depuis le
genre, le post-colonialisme, l’éco-féminisme et surtout l’influence de l’invisible depuis la gravité, aux conceptions du temps jusqu’à la disparition des glaces.

Thomas Hirschhorn est né à berne (suisse) en 1957. son travail est montré dans de nombreux lieux, musées, galeries et expositions internationales. ll est l’artiste invité du Pavillon suisse pour la 54e biennale de venise (2011). En 2013, il réalise le Gramsci Monument dans le bronx, new York, et en 2014 il présente Flamme éternelle au Palais de tokyo. une sélection de ses écrits a été publiée par Mit Press (october books) : Critical Laboratory: The Writings of Thomas Hirschhorn. Au travers de chacune de ses expositions et de ses projets spécifiques dans l’espace public, Thomas Hirschhorn affirme son engagement envers un public non-exclusif.

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