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18 & 19 décembre 2013, Théâtre des Variétés, Monaco
Responsables scientifiques:
Christian Globensky, Claire Lahuerta, Renaud Layrac et Mathilde Roman

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La sixième édition se fonde sur un partenariat avec le Master 2 Arts de l’Exposition et Scénographies de l’Université de Lorraine (Metz) et de l’École Supérieure d’Art de Lorraine (Metz), avec lequel le Pavillon Bosio construit un axe de recherche autour de la scénographie d’exposition. Une direction scientifique collégiale (adossée notamment au Centre de Recherche sur les Médiations de l’Université de Lorraine), permettra de mettre en dialogue différents interlocuteurs sur la question du spectateur. Trois thématiques seront développées en associant approches plasticiennes et théoriques, qui dégageront différents enjeux :

1 De l’esthétique de la réception à l’action scénographiée :
Que peut l’artiste-scénographe face à la scène urbaine et politique ? Quelles stratégies créatives peuvent être développées dans le cadre de l’espace de l’exposition pour placer le spectateur au centre d’un processus de décisions et d’opinions ? Comment se met en scène un dialogue nouveau entre l’artiste citoyen et le spectateur émancipé ?
Intervenants Christian Ruby, Docteur en philosophie, enseignant, et Société Réaliste (Jean-Baptiste Naudy) coopérative d’artistes. Modération Christian Globensky, artiste et directeur artistique d’Interface Design Création IDC, Professeur à l’École Supérieure d’Art de Lorraine, ÉSAL, et à l’Université de Paris 8.

2 Le Temps du spectateur : entre spectaculaire et contemplation:
C’est ainsi certainement que s’engage une nouvelle relation esthétique entre le spectateur et l’exposition comme œuvre, qui, par le biais d’une scénographie ostentatoire, ouvre un temps de visite et d’expérience singulier. Qu’est-ce qu’une scénographie d’exposition contemporaine modifie dans le lien du spectateur à l’œuvre, tous deux pris dans l’écrin scénographique ? Quelle place est désormais attribuée à la rencontre avec l’œuvre, entre contemplation des expositions et dimension spectaculaire de la mise en espace ?
Intervenants Bernard Lafargue, professeur d’esthétique à l’Université de Bordeaux, rédacteur en chef de la revue Figures de l’art, et Raymond Sarti, scénographe, travaillant à la fois pour le théâtre, la danse, le cirque, le paysage, l’architecture, le cinéma et l’exposition comme autant de conjugaisons, de rebonds, d’échos. Modération Claire Lahuerta, professeur d’université en arts plastiques, co-responsable du Master Arts de l’Exposition et Scénographies, Université de Lorraine (Metz).

3 La Temporalité de l’exposition:
Quels déplacements s’opèrent face à des pratiques décloisonnant les cadres traditionnels de l’espace de l’exposition en l’affirmant comme plateau? Comment le spectateur aborde-t-il des œuvres inscrites dans une expérience spécifique du présent ?
Intervenants Bernard Blistène, directeur du département du développement culturel du Centre Pompidou, directeur artistique du Nouveau Festival, et Boris Achour, artiste et enseignant à l’ENSA Cergy. Modération Mathilde Roman, critique d’art et enseignante au Pavillon Bosio, et Renaud Layrac, artiste et enseignant au Pavillon Bosio.

Programme
mercredi 18 décembre 2013

09:00 ▶ 09:30  Accueil des participants autour d’un café et ouverture du colloque par Isabelle Lombardot, directrice du Pavillon Bosio.

1 De l’esthétique de la réception à l’action scénographiée : que peut l’artiste-scénographe face à la scène urbaine et politique ?
09:30 ▶ 09:45 Introduction par Christian Globensky.

09:45 ▶ 11:00 Christian Ruby L’injonction faite au spectateur ou l’épreuve de la visite Nous souhaitons enquêter sur les normes politiques ou civiques imposées ou les exercices proposés à la spectatrice ou au spectateur, dans le cadre de leur mise à l’épreuve dans l’exposition d’art ou de culture, et chercher à comprendre comment fonctionne le paramètre esthético-politique au cours de cette épreuve. Si possible, nous déboucherons sur un exposé des raisons qui ont présidé à l’édification des modèles classiques et modernes d’exposition, puis ces modèles eux-mêmes, en alimentant la réflexion par des références historiques au besoin. Cela devrait constituer une sorte de grammaire des visites, déclinant ainsi des mots, des temps, des espaces, des sons et leurs traitements particuliers du rapport esthétique et politique.

11:15 ▶ 12:30 Société Réaliste, coopérative d’artistes
Extra Cathedram
On allait autrefois dans les cathédrales pour s’assurer que tout était bien en place, que Dieu était bien Dieu, que sa mère était une femme hétérosexuelle et que si la société était un mensonge, il était répété avec suffisamment de luxe pour avoir un goût de vérité. À en croire l’un des grands prêtres de l’art récent, c’est la tâche des artistes contemporains de bâtir des cathédrales pour ce monde sans dieux. Joseph Beuys voulait-il nous dire par là que l’art contemporain est la spectaculaire liturgie dont notre société s’enivre? Sur tous les modes et dans toutes les formes, l’art ânonne-t-il le discours de ses maîtres à grands coups de fables éthiques et de fariboles esthétiques ? Que veut-il de son spectateur ? Quelle grâce s’achète-t-on quand on donne au denier de l’art ?

2 Le Temps du spectateur : entre spectaculaire et contemplation
14:00 ▶ 14:15 Introduction par Claire Lahuerta

14:15 ▶ 15:30 Bernard Lafargue
Le syndrome de Venise : la biennalisation de l’art contemporain
Notre monde est devenu un monde de l’art. S’inspirant de la biennale de Venise, lancée en 1895 par une ville qui, au bord de la ruine, sent que son salut est de devenir une città dell’arte, les grandes villes rivalisent pour organiser des biennales capables d’attirer le plus grand nombre de visiteurs possible. Ces visiteurs en profitent pour voir les autres lieux culturels alentours, participer aux « événements » et visiter la ville qui doit, toujours à l’image de Venise, devenir une ville d’art et de plaisirs variés. Ces spectateurs sont donc, fondamentalement, des touristes qui, selon la subtile étymologie de Francesco Sansovino: « veni etiam», reviennent; le syndrome du spectateur stendhalien: « visse, scrisse, amo» succédant ainsi au syndrome du conquérant César: « veni, vidi, vici», qui se perpétuait chez le colon ou le pèlerin. Reste à préciser la spécificité de l’expérience esthétique favorisée par ce nouveau rythme du monde (de l’art).

15:45 ▶ 17:00 Raymond Sarti
L’immersion dans le domaine des expositions
Au travers de cinq exemples de scénographies d’expositions, nous verrons ce qui a été en jeu au moment de la conception, les outils utilisés, au bout du compte la question de la réception du public vis à vis des sujets exposés, la place du spectateur qui est impartie dans la relation à l’œuvre, cette place-là, ce lien, ce point de vue. C’est le « comment exposer ? » qui jalonne ces cinq expositions au travers de thématiques bien différentes et souvent complexes. En partant d’un précepte et d’une provocation de Marcel Duchamp qui avance, en cette année 1914, un discours à propos du regard que l’on porte sur les œuvres d’art, où il dit ne pas croire que l’on puisse dissocier les œuvres de leur contexte de présentation et de l’état d’esprit avec lequel on les appréhende. L’artiste crée mais au bout du compte, « ce sont les regardeurs qui font les tableaux » s’amuse t-il à déclarer… C’est ce que nous verrons.

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jeudi 19 décembre 2013

3 La Temporalité de l’exposition
09:00 ▶ 09:15 Accueil autour d’un café et introduction par Mathilde Roman et Renaud Layrac.

09:15 ▶ 11:00 Bernard Blistène
Les enjeux du Nouveau festival du Centre Pompidou
La préparation de la 5e édition du Nouveau festival du Centre Pompidou donne, éléments à l’appui, la possibilité de comprendre en quoi pareil événement modifie le protocole et la pratique de l’exposition. L’espace du Centre Pompidou n’y est alors plus le lieu du récit d’une histoire écrite mais celui d’une histoire en train de s’écrire, au risque de «trafiquer l’inconnu pour trouver du nouveau».

11:15 ▶ 12:30 Boris Achour
Les chevaliers-paysans de l’an mil au lac de Paladru
La nature de la relation entre l’œuvre et le spectateur est une des pistes d’exploration principales de mon travail. Ces dix dernières années, ce questionnement a principalement pris la forme d’environnements, décors ou paysages, que je qualifie de temporalisés. Au travers de quatre exemples, Séances (2012), Conatus: A Forest (2008), Non-Stop Paysage (2003) et Jouer avec des choses mortes (2003), je présenterai les enjeux plastiques, conceptuels, narratifs et dialectiques mis en œuvre dans ces projets.

14:15 ▶ 15:00 Compte-rendu d’expériences pédagogiques par des étudiants du Pavillon Bosio et du Master 2 Arts de l’Exposition et Scénographies de l’Université de Lorraine (Metz).
15:00 ▶ 15:30 Présentation d’un projet de recherche mené en coopération entre le programme post diplôme du Pavillon Bosio et l’école doctorale de l’Université de Lorraine (Metz) sur l’exposition du patrimoine immatériel du Mali. Par Aldiouma Yattara, directeur du musée du Sahel à Gao et Caroline Trucco, doctorante allocataire de la bourse MPA Alumni.
15:30 ▶ 16:30 Table-ronde avec l’ensemble des intervenants
16:30 ▶ 17:00 Questions du public et synthèse.

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